On ne retient pas l'écume
Dans le creux de sa mainEn 1971, à l'heure de la retraite, elle aurait pu se retirer dans un couvent,
après avoir enseigné le français et la philosophie à des générations
de jeunes filles de la bonne société du Caire.
On sait la vie se consume
Et il n'en reste rien Non.
D'une bougie qui s'allume
Tu peux encore décider du chemin, de ton cheminElle souhaitait vivre auprès des lépreux.
Ce n'est pas possible, alors elle se tourne vers les parias
qui hantent les faubourgs de la ville.
«Yalla», a dit soeur Emmanuelle. « En avant »,
dans les fumerolles des immondices,
les odeurs nauséabondes à vous révulser le coeur.
Elle ne les sent pas, tant elle a partagé la vie de son petit peuple.
«
Yalla», a chanté Calogéro
Yalla yalla yalla yalla
Elle m'emmène avec elle
Je t'emmène avec moi
YallaCrois-tu que tout se résume
Au sel d'entre nos doigtsElle y vit dans un maigre cabanon de planches et de tôles,
un gourbi à la fois infâme et merveilleux.
Quand plus léger qu'une plume
Tu peux guider tes pas« Le premier soir, j'ai rendu visite à mes voisins.
Nous avons partagé le thé.
Quel souvenir ! Ils m'ont accueillie à bras ouverts.
Dans mon bidonville, jamais je n'ai eu peur. »
Sans tristesse ni amertume
Avancer, avance puisque tout s'en va tout s'en vaYalla yalla yalla yalla
Elle m'emmène avec elle
Je t'emmène avec moi
Yalladu haut de mes 17 ans , à l'occasion d'un congrés sur la pauvreté
J'ai eu l'honneur de rencontrer cette humble femme
pourtant si pleine d'amour et de vraie charité chrétienneTu trouveras le soleil
Dans le coeur des enfants
Sans nulle autre joie pareille
Ni sentiment plus grand
Un mot d'amour à l'oreille
Peu dans chacun réveiller un volcan pour qui l'entend...je n'oublierai jamais la profondeur de son regard Tu trouveras le soleil
Dans le coeur des enfantsJ'attends de Dieu qu'Il me donne l'humilité
pour accepter ce qui ne peut être changé,
le courage pour changer ce qui peut l'être,
et la sagesse pour distinguer l'un de l'autre.
Soeur Emmanuelle